BLACK OUT, CECILE DELARUE

« Ca peut sembler loin du sujet, de ce serial killer qui se permet de buter des femmes en pleine nuit sans être retrouvé pendant des décennies, de ces cinq, peut-être six autres tueurs en série qui agissent dans la même ville, de cette centaine de femmes disparues à tout jamais et dont on ignore pour une grande partie d’entre elles ce qui a pu leur arriver. Mais le racisme, la police, la violence, les émeutes, c’est au coeur de South Central. Et au coeur de cette histoire. L’histoire de ces parents, qui doivent se contenter d’un seul passage des flics pour apprendre que leur fille est morte, et ne jamais en savoir davantage.  » Cécile Delarue dresse un portrait saisissant du Los Angeles des années 90, fait d’émeutes, de crack, de tueurs en série, et de celui d’aujourd’hui, toujours marqué par la séparation des communautés, la violence, la défiance envers une police soupçonnée de racisme.

BLACK OUT, LES DISPARUES DE SOUTH CENTRAL
CECILE DE LA RUE
EDITIONS PLEIN JOUR
31 AOUT 2018
ENQUETE, US, SERIAL KILLER

 

 

DES ANGES SUR LE BITUME.
Une journaliste qui décide de franchir un océan, d’aller s’installer au delà de sa bourgade. Fuir Paris pour y retrouver une ville dense. Los Angeles. Le voyage semble être une excuse, une raison pour aller mettre museau dans les affaires policières. Retracer l’histoire d’un tueur en série. Ou plutôt, retracer la vie des victimes. Comprendre. Qui étaient-elles. Pourquoi elles. Black Out propose la traque d’un tueur quand celui-ci est déjà identité et menotté. C’est un retour en arrière, des pas dans les traces des enquêteurs et familles.

Roman.
Réalité.
Fiction.
Vérité.

L’OIE PRIVILEGIEE.
De Los Angeles, elle en ignore les quartiers bobos chics, préfère s’aventurer à ceux qu’on ne lui recommande pas. Retrouver les familles, retracer l’itinéraire d’un quartier où des centaines de femmes noires ont été assassinées. Des femmes oubliées, des filles ignorées. Meurtres balayés des dossiers. Cadavres qu’on met au tiroir du crack, de la prostitution. Les paupières de la police sont closes. La belle affaire pour les serial-killers.

Rendre justice.
Leur rendre un nom.

Ce n’est pas le serial-killer qui intéresse, ce sont les femmes, ces corps dépiautés, abandonnés aux décharges. Femmes à qui elle souhaite rendre une identité, et surtout une dignité. Reconstituer les pièces d’un puzzle trop longtemps laissé aux ordures de la police.

LES PAGES NOIRES.
On oscille entre roman et enquête, créant une distinction floutée, un voile qu’on franchit et retraverse sans arrêt. Black-Out n’est pas un polar, pourtant, il aurait de quoi s’ériger comme tel. Meurtres ignorés, assassin retrouvé des années après, une journaliste sur la trace des bouches silencieuses et des souvenirs calfeutrés. Black-Out, c’est une enquête, la vérité sur ces populations noires ignorées, bafouées.

Un élément, toutefois, qui m’a perturbé durant ma lecture ; les phrases directement retranscrites en anglais, puis ensuite traduites, créant un doublon légèrement désagréable à la lecture.

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