LYKAIA, DOA

Berlin Ouest. Le BUNK’R est un club discret et sélectif où se pratiquent des séances de sadomasochisme chics et sophistiquées. Un client s’apprête à être livré aux mains expertes du narrateur, un ancien chirurgien de haut vol, qui s’est reconverti dans la pratique du bondage high-tech, après un grave accident qui le laissa défiguré. D’un bout à l’autre de l’Europe, dans des lieux secrets, filmées par des caméras Web, ces séances obscènes se multiplient : chacun est le spectateur de la déchéance de ses partenaires, plonge dans les méandres de pratiques sexuelles inavouables qui n’ont de cesse de pousser les limites toujours plus loin, jusqu’à la mutilation du corps et la mort.
LYKAIA
DOA
ÉDITIONS GALLIMARD
4 OCTOBRE 2018
BDSM, ROMAN NOIR, PRAGUE, VENISE

 

DEAMBULATION. 

Un roman à la couverture noire. Sans fioriture. Titre et auteur uniquement. Pour seul résumé, une comptine. Il n’en faut pas plus pour m’intriguer, me pousser à ouvrir et feuilleter les premières pages. S’en suit une interview de l’auteur entendue à la radio, confortant mon envie de découvrir ce livre. BDSM, roman noir, une folie sans retour. Je signe pour la lecture. Toutefois, un élément me chiffonne, ce petit paragraphe avant le début du récit, où l’auteur explique que son livre est une fiction, qu’il n’est pas à mettre entre les mains de tous. Pourquoi ? Un roman peut traiter de tous les sujets, il n’y a pas d’excuses, ni d’avertissements à fournir en préambule.

Lykaia. Fête païenne. Fête offrant à son terme la transformation d’un jeune éphèbe en monstre, en bête libérée des tracas humains. Lykaia est une balade nocturne, une invitation à suivre des chemins noirs, à frapper à quelques portes dérobées. Un monde de l’envers, un monde qui ne s’offre qu’à ceux qui le cherchent réellement. On vogue des clubs de Berlin, à Prague, on sillonne entre les venelles vénitiennes.

FOLIE À DEUX.
Deux personnages s’ancrent au centre du roman : Le Loup et La Fille. Figures en opposition. L’un est masqué d’un postiche, est chirurgien pour les pratiques underground. De l’autre, La Fille qui s’offre à la gueule des affamés pour un peu de monnaie, et la convoitise d’une douleur devenant plaisir.

La narration est double. D’un côté les pensées du Loup, de cet homme à la dérive, délaissé par sa famille, obsédé par une figure féminine. De l’autre, c’est un narrateur, un voyeur qui s’immisce entre les personnages, permet une vision d’ensemble, permet de comprendre. Un changement de narrateur intéressant, permettant d’ouvrir ou rétrécir l’angle de l’histoire.

NARGUER LE STYX.
BDSM. Un univers, des pratiques qui n’ont rien à voir avec la niaiserie et le comportement dégradant d’un Christian Grey. Passe ton chemin si tu espérais un autre roman en nuances de gris. Ici, on plonge au noir. On déambule, on observe, on questionne ces pratiques qu’on juge parfois barbares, quelques fois curieuses, et souvent intrigantes. C’est là l’intérêt du roman. Pas de dégout, mais un brin de malaise, juste assez pour être curieux, et peut-être fasciné par ces corps dont la douleur est maitrisée, calculée, car le hasard ne s’immisce pas ici.

TRAQUER LA BÊTE.
Enquête policière qui crapahute autour du Loup. Un enjeu qui aurait pu être évité, n’apporte aucune utilité au roman. Point négatif de cette lecture car aux dernières pages, le Loup prend des allures de vieux flic de polar, personnage aux relations familiales dégradées, en dégringolade sociale.

Une lecture en demi-teinte. Un début fascinant, un voyage obscur, qui finalement s’achève dans la simplicité d’une enquête policière.

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