UNE MACHINE COMME MOI, IAN McEWAN

Londres, 1982. Dans un monde qui ressemble à s’y méprendre au nôtre, quelques détails dissonent : les Beatles sont toujours au complet, les Anglais ont perdu la guerre des Malouines et le chercheur Alan Turing est encore en vie. Grâce à lui, les prouesses technologiques sont inouïes et les avancées scientifiques en matière d’intelligence artificielle fulgurantes. C’est ainsi que Charlie fait l’acquisition d’un «Adam», un androïde doté de l’intelligence artificielle la plus perfectionnée qui soit. Adam ressemble beaucoup à un humain, sait faire la conversation, écrit des poèmes et proclame son amour pour Miranda, la compagne de Charlie.

Né d'aucune femme

Premier roman que je lis de cet auteur, j’en sors heureuse, étonnée, et prête pour d’autres lectures de ses écrits.

Une machine comme moi. Alan Turing, Londres, 1982, uchronie. Quatre informations qu’il faut retenir, quatre informations essentielles qui permettent de s’ancrer dans l’écrit de McEwan. La science a évolué, la technologie aussi, et voilà qu’apparaissent les premières intelligences artificielles dotées de faciès humain. Eve ou Adam. C’est un choix. 

Un achat coûteux qui n’effraie pas Charlie. De l’argent, il en a depuis l’héritage familial. Un argent qu’il dépense entièrement pour l’achat capricieux d’une machine qu’il lorgne d’un oeil avide et curieux. Comment faire, quoi dire, doit-on l’éduquer ? Peut-il dormir ? Les questions s’accumulent et se complexifient au fil des pages. Peut-il mentir ? Quel est son degré de bien et de mal ?

Une machine comme moi étonne par sa construction. Ici, pas de longues descriptions d’un monde qui a évolué avec la technologie, pas de chapitre entier dédié à ces fabuleuses inventions qui peuplent Londres. C’est un couple qui est le centre de l’attention, un couple où s’ajoute un troisième élément ; Adam. Une intelligence artificielle. Un robot. Il perturbe, créer chaos dans le couple, s’immisce dans leur intimité, déterre des secrets. Un robot ne peut pas mentir mais le soir il engrange des connaissances, il boit tout ce qu’il peut aspirer via sa connectique usb. Et pour cette machine, la littérature devient reflet de l’humain. Un guide d’apprentissage de ceux qu’il sert. Une littérature mettant en avant toute la médiocrité et faiblesse humaine qu’Adam ne cesse de pointer de ses mots tranchants, accusateurs.

Via les questions Adam, c’est une confrontation avec le pouvoir créateur qui s’opère. Un affrontement terrifiant mettant face à face la création et son créateur. Un pouvoir divin que s’est octroyé l’humain. 

Un roman saisissant, inquiétant qui me conforte dans l’idée que les robots m’effraient.

2 commentaires sur « UNE MACHINE COMME MOI, IAN McEWAN »

  1. De la SF planqué dans la littérature blanche (à croire qu’ils n’assument pas 😂) et une uchronie, c’est pour moi. Je crains quand même le côté classique et déjà vu de l’intelligence artificielle, grand Méchant attendu. Mais je suis trop curieuse pour ne pas me laisser tenter 😅

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    1. ce n’est pas si évident que l’Intelligence Artificielle est le grand méchant. ce n’est pas une opposition directe. c’est surtout un dialogue entre les deux. je suis curieuse de ton avis si tu te laisses tenter par la lecture 🙂

      Aimé par 1 personne

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