WILDER GIRLS, RORY POWER

Une île sauvage, trois amies inséparables, une descente aux enfers.
Voilà bientôt dix-huit mois qu’un mal inconnu, la Tox, a frappé l’île Raxter. Dix-huit mois que le pensionnat pour jeunes filles qui en occupe la pointe a été mis sous quarantaine.
D’abord, la Tox a tué les enseignantes, une à une, puis elle a infecté les élèves, dont les survivantes portent désormais ses monstrueux stigmates dans leur chair. Coupées du reste du monde, cernées par les bêtes mutantes qui rôdent dans les bois alentour et livrées à elles-mêmes, celles qui restent n’osent plus sortir de l’enceinte de l’école. Jour après jour, elles attendent le vaccin que le gouvernement leur a promis. Hetty et ses deux meilleures amies, Byatt et Reese, se serrent les coudes malgré les privations, bien déterminées à lutter ensemble jusqu’au bout…

Né d'aucune femme

Une île comme prison, comme enclos d’une maladie, la Tox, qui ravage peu à peu ses habitantes. Habitantes, car le masculin n’est pas. Femmes et jeunes filles rôdent entre les murs d’une bâtisse décrépie. Des armes pointées au-dehors, vérifiant qu’aucun animal ou autre ne bafoue le maigre grillage. Elles ne sont plus qu’une poignée, maigre résistance qui chaque jour s’acharne à survivre. Ils ont dit qu’ils trouveraient un remède. Ils. C’est le gouvernement, c’est ce bateau qui s’amarre à l’autre bout de l’île, qui apporte des vivres.

Un pensionnat infecté par une maladie étrange, des symptômes qui harnachent le corps dès la puberté. Des griffes pour l’une, une double colonne vertébrale pour une autre, un oeil nimbé de sang pour une dernière. Chacune se voit affublée d’extension monstrueuse. Et la douleur qui vrille une fois par mois, engendre un nouveau degré de transformation. Métaphore de la puberté, des changements qui gigotent sous le derme.

C’est une quarantaine féminine. Un huis clos qui nécessite l’organisation d’une société minuscule, mais l’anarchie règne à certains moments. Les structures sociétales ne pouvant s’appliquer à ce qu’il se passe sur l’île. Alors l’animalité surgit, la loi du plus fort s’exprime parfois. Mais les personnages n’en restent pas moins soudés car c’est une nécessité pour survivre, pour affronter la maladie qui les ronge et gangrène leur corps, mais également les animaux au-dehors.

Un roman qui porte une histoire d’amour, mais n’en fait pas le pilier central, et ça, pour du roman adolescent, c’est appréciable.

Un roman prenant, mais qui malheureusement s’essouffle avant la fin. On devine la vérité au milieu du roman, et les questions ne trouvent pas toutes des réponses. Tout est laissé en suspens. La fin est précipitée, comme la cavale de ces gamines qui fuient leur refuge. On regrette le manque d’un ou deux chapitres supplémentaires. Néanmoins, malgré ce manque, c’est un huis clos féminin intéressant, qui mérite d’être lu, notamment pour l’amitié indéfectible des trois nanas. 

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