LE PAYS DU CRÉPUSCULE, MARIE HERMANSON

À vingt-deux ans, Martina vient de perdre son emploi et son logement. Sans diplôme ni réelles perspectives, elle est sur le point de retourner vivre chez ses parents quand une rencontre inopinée avec une ancienne amie du lycée la tire de son marasme. Celle-ci travaille au service d’une riche retraitée qui n’a plus toute sa tête. Persuadée de vivre dans les années 1940, elle convie tous les soirs à des dîners imaginaires les membres d’une société secrète. À la suite d’un entretien sommaire, Martina devient sa secrétaire personnelle. Elle peut alors profiter des largesses et des absences pathologiques de la vieille dame, et vivre dans son manoir décrépit situé en pleine campagne. Les semaines passent et les trois femmes rejouent inlassablement les mêmes rituels du quotidien, enivrées par la moiteur de l’été et les grands crus sortis de la cave.

EAU DOUCE (1)

Pays du crépuscule. Il y a une référence à l’oeuvre d’Astrid Lindgren, un roman où le temps se suspend, où les minutes s’égrènent dans un ordre différent.

Martina vient de tout perdre ; emploi et domicile. C’est une conversation inespérée avec Tessa, une amie d’enfance, qui va l’entraîner vers le domaine de Glimmenäs où réside Florence, la propriétaire, une femme qui semble figée dans les années 40, qui n’a pas conscience que le temps a poursuivi sa route depuis la guerre.

C’est dans le délire de Florence que Tessa et Martha s’insèrent. Un délire qu’elles nourrissent en répondant aux questions et demandes de Florence. Par leur présence et leurs mots, elles tissent l’univers de Florence, elles l’alimentent. Elles sont domestiques, secrétaire. Elles hochent à la tête et miment des conversations secrètes. Elles acceptent de préparer des dîners somptueux auxquels seuls des souvenirs sont conviés. Les invités n’existent pas, sont pour la plupart morts. Il faut que tout paraisse comme à l’époque, que rien ne déroge à la règle.

D’autres personnages s’insèrent dans la partie, une jeune fille et deux hommes. 

D’abord attendris par la vieille femme, ils y voient bientôt une opportunité de récupérer le domaine. Après tout, Glimmenäs offre un refuge contre le monde extérieur, un havre de paix quand tout s’est démoli au-dehors. Plus besoin de subir la pression de l’emploi, la recherche de domicile. Le domaine offre ce que chaque personne recherche : l’écartement du monde, l’effacement, un nouveau point de départ. 

Si les premiers chapitres sont fascinants, la suite s’égare dans un chemin classique de convoitise d’héritage, et toutes les conséquences désastreuses que cela peut apporter. 

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