LES DEMONS, SIMON LIBERATI

Dans la somnolence magique de leur domaine familial, Serge, Alexis et Taïné traînent leur désœuvrement. Taïné a la beauté empoisonnée d’un tableau préraphaélite ; Serge est un prince des ténèbres ; quant à Alexis, le plus jeune et le plus fou, il se jette à corps perdu dans l’amour et la provocation. La séduction de leur jeunesse tourne à la cruauté muette. La tragédie frappe cette fratrie en ce printemps 1967, et accélère la bascule vers une époque nouvelle : celle, pop et sensuelle, de la drogue, du plaisir et de la guerre du Viêt Nam.

EAU DOUCE

Années 60. Serge, Alexis et Taïné Tcherepakine. Trois personnages issus d’une fratrie de russes blancs venus s’échouer à Paris. Ils traînent savates dans leur maison, boudent le monde qui les entoure. L’ennui gagne leur mental. Rien ne sait les satisfaire. Rien ne retient leur intérêt. Chacun vogue à ses plaisirs, s’embourbe dans quelques bêtises, y espère le tournant décisif d’une vie qui peine à montrer ses facettes enjôleuses. Ils ont tout mais rien ne satisfait leur appétit, leur curiosité.

De trois. Ils passent à deux. Mais le chiffre se complète bientôt d’un autre personnage ; Donatien. Figure stellaire aux ambitions troubles, à la volonté de s’immiscer dans le cercle fermé des Tcherepakine. Un personnage singulier, qui agit comme pilier et parfois comme ascenseur vers l’enfer.

L’histoire ? Elle est floue, égarée sous les fumées de l’opium, étouffée sous les râles d’une sexualité qui s’affirme sans jugement. C’est une atmosphère qui se construit, qui tisse l’architecture de ce roman dont on suit les pérégrinations d’une micro société. Des personnages qui chutent, la décadence qui les enveloppe. À la croisée de plusieurs chemins sont évoquées des figures connues ; Andy Warhol, Truman Capote, Aragon.

Il faudrait se laisser embrasser, se laisser berner par les vies dissolues de ces personnages. Mais l’intérêt, pour ma part, s’étiole au milieu du roman, quand je comprends que les personnages n’ont pas d’évolution, qu’ils stagnent à leur médiocre existence, qu’ils s’embourbent dans leurs jérémiades.

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