PARIGOTS. Florian PEYRON

« Parisiens têtes de chien, Parigots têtes de veau », que j’entendais gamin. Paris, si belle et si laide. Elle seule semblait enfermer l’ésotérisme suprême, perception d’immortalité qui semble vous protéger de tout, sous la coupe d’un bazar coïtal et soiffard. À mon arrivée à la capitale, je n’étais qu’un jeune mec avide de contemplation. Étaient-ils si détestables, les Parisiens ? Je posais mon cul au hasard des terrasses pour admirer la beauté des lieux, buvais des coups et observais les passants, les regardant droit dans les yeux pour mieux les deviner. Eux s’en foutaient ou s’en offusquaient. Rien à contempler que je rêvassais. Le problème des gamins rêveurs, c’est qu’ils ne vivent pas. Ils font de mauvais adultes. Et puis un jour, il a bien fallu bosser, s’engouffrer dans la vie réelle, au milieu d’une génération de paumés. C’est là que toute cette merde a commencé.

Parigot. L’insulte claque, agrippe les tympans. Une mélodie qui berce l’enfance. Paris, c’est loin, c’est l’ailleurs, c’est la ville imaginée, fantasmée, affublée d’atours chatoyants. Paris. Il y est, enfin. 

Parigots. C’est une errance de plusieurs années à Paris. C’est le gamin qui a grandi en région, c’est celui qui veut monter à Paris. Le voilà installé. Jeunesse ivresse, jeunesse tendresse. L’alcool rythme les soirées, parfois les journées. Assis a une terrasse, il observe, il cherche les personnalités, crayonne quelques lignes dans un carnet. Paris est tendre, Paris offre les premiers émois. Puis la bascule arrive, elle chavire, renverse les illusions.

Écrivain. Il est là pour noircir des pages, tenter un roman, le vendre aux maisons d’édition. La réalité cogne, est terrifiante. Il faut se conformer, trouver un job, s’enfermer dans ces bureaux indigestes qu’on nomme open space. 

Paris. Florian Peyron en dresse sa cartographie amoureuse. Un itinéraire parfois bordé de désamour. Un périple fou, un péril jeune, une aventure de chaque carrefour. La plume valdingue entre jurons, exclamations et poésie de l’instant. Une belle découverte.

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